S'il y a un mot qui caractérise au mieux ce que nous ne sommes pas c'est bien le mot ÉPHÉMÈRE. En effet, l'apparition de l'organisme physico/mental est suivi, quelque temps après, de sa disparition. Il en est ainsi pour tout ce qui concerne les phénomènes du monde manifesté. 

Tout ce qui apparaît, disparaît : êtres vivants, végétaux, minéraux, planètes, concepts, pensées, émotions, sensations, actions, imaginations, visions. Tout cela est éphémère. La transition entre le premier stade (l'apparition) et le deuxième (la disparition) n'est qu'une question de temps, qui est lui aussi éphémère.

Face à cette simple évidence, la question qui pourrait être posée est : Si tout est éphémère, qu'est-ce qui est PERMANENT ?

Ce que nous sommes est permanent. Ce que nous sommes n'est pas ce que nous croyons être au premier abord, c'est-à-dire, cet organisme physique et mental. Ce que nous sommes est ce qui observe le personnage se manifestant à son regard.

Tout ce qui apparaît, et disparaît, se présente et évolue au sein de ce que nous sommes : Conscience impersonnelle, immuable.

Lorsque l'organisme corps/mental entame son existence, personne ne lui dit qu'il n'est pas cela, qu'il n'est pas cette entité conditionnée personnellement par les gens qui l'éduquent ou le côtoient, et le milieu culturel dans lequel il arrive. Personne ne lui dit que le monde dans lequel il évolue n'est pas réel. Personne ne lui dit que son histoire est un film illusoire dans lequel il croit être le héros. Personne ne lui dit ce qu'il est en réalité.

Tout est fait pour nourrir et faire amplifier ce qu'il n'est pas. Tout est fait pour qu'il s'identifie radicalement à ce corps qui est né à un moment donné et qui va mourir à un autre (apparaître et disparaitre au sein de ce qu'il est).

Cette croyance erronée, qui s'installe insidieusement dans le mental, fait partie du jeu de la vie, de ce que nous sommes. Elle permet à ce que nous sommes de se manifester sous diverses formes pour ainsi s'auto- révéler ses potentialités inconscientes.

L'inconscient est le premier stade dans lequel EST ce que nous sommes. C'est un espace où ce que nous sommes EST, mais sans s'en rendre compte. La conscience est le second stade dans lequel la lumière éclaire petit à petit le premier pour permettre à ce que nous sommes de se révéler.

Tout ce qui se passe en nous et à l'extérieur de nous est observé, éclairé par la conscience, mais le mental prend cette observation à son compte et s'attribue cette fonction. C'est là que tout s'embrouille, que la méprise s'installe, que l'oubli rempli son rôle de séparateur. L'homme va oublier ce qu'il EST en réalité et va s'identifier à cet être vivant doué de réflexion, jusqu'à se prendre absolument pour ce qu'il n'est pas : cet organisme éphémère qui né et meurt.

Ce que nous sommes EST, en permanence, et indépendamment de ce qui apparaît dans la conscience qui lui sert de réflecteur. Ce que nous sommes EST avant toute apparition éclairée par la lumière de la conscience, avant toute manifestation éphémère évoluant dans des mondes illusoires. Ce que nous sommes ni ne né, ni ne meurt. N'est ni ceci, ni cela. 

Nous ne pouvons connaitre ce que nous sommes, seulement ce que nous ne sommes pas. La distinction est simple : tout ce qui est éphémère n'est pas ce que nous sommes et qui est permanent.

 

 

P5020161

Fleur de calcite formée dans l'eau - Grotte de la Frite 2015 - JS